Près de 250 élèves bruxellois sans école. en 2016, dans un pays où l’école est obligatoire. En Belgique, j’ai l’impression qu’on organise en permanence des jeux olympiques dans plein de catégories innovantes.

Surprenant ? en 2013, après 8 ans en France, je reviens dans mon plat pays avec mes tigresses. Laissez-moi vous conter comment j’ai réussi à inscrire mes filles de 3 et 5 ans à l’époque dans une école de mon choix. Un jeu d’enfant. C’est confiante que je téléphone à l’école numéro 1 sur ma liste.

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« Allo oui bonjour Madame, ce serait pour une place en 1ère primaire et en 1ère maternelle s’il vous plait ! » claironnai-je gaiement au téléphone.

« Oui, c’est pour quelle année Madame, 2015 ou 2016? »

« ….. »

« C’est qu’il y’a 3 ans d’attente pour l’école Madame »

« …. »

« Rendez vous donc à la commune d’Anderlecht, c’est eux qui centralisent les demandes »

A ce moment là, ma voix retombe en effet comme un soufflé mal cuisiné, je sens le sol se dérober sous mes pieds comme si je faisais la chorégraphie bad de Michael Jackson. Sauf que la musique n’est pas sympa (mais que la dame en face semble bien être un zombie).

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On m’explique d’un air à peine dépité, la signification même de la résilience et de l’acceptation pacifique des termes de l’univers : pas d’école possible à Anderlecht, il vaut mieux, selon les recommandations du bureau des inscriptions lui-même, « viser une autre commune pas si loin et moins accessible en transports en commun, donc moins demandée par Mr. et Mme Tout le Monde ».

Je te laisse méditer sur le surréalisme de cette réponse. Déménager pour offrir une école digne de ce nom à ses enfants. 

Tiens, minute #grevissetamere : comment appele-ton une figure de style disant : Uccle est accessible en transports en commun? une …..oxymore!

Après le 98eme appel, j’ai une réponse vague au téléphone. Elle me répond une phrase qui me transporte d’espoir et d’enthousiasme, un peu comme si j’étais dans le Titanic et que je voyais s’approcher un bâteau de sauvetage « Eventuellement…. » Cette réponse sonne comme mon Léonardo Di Caprio…sisi. « Mais ce serait uniquement pour la petite, en primaire je ne peux pas…j’ai déjà pris 2 nouveaux cette année… » Je comprends, faudrait pas que t’aies la densité de population du Mexique dans ta classe meuf.

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Une école à pédagogie active, entre Uccle et Forest, qui accepte l’un de mes enfants? Mais il ne m’en faut pas plus pour entamer la danse de la pluie.

Qui prendra la forme d’un programme intensif de séduction : parer mes tigresses de leurs plus beaux vêtements (j’ai toujours dit que le shopping était d’utilité publique), les coiffer (vu la tignasse de mes filles, ce n’est point une mince affaire) et leur rappeler quelques émoluments d’éducation qu’elle retiendront le temps de la visite de l’école. Deux fois par jour, à l’improviste, pour leur rappeler qu’on est la, et surtout tellement mignonnes. On amènerait du cachet à leur établissement, c’est sûr.

En vain.

Après 5 jours d’essais infructueux, je finis, la mort de l’amour de l’enseignement non-confessionnel dans l’âme, par inscrire mes filles dans une école catholique qui a appliqué les principes de l’amour et la générosité chrétiens en ouvrant ses classes…

C’est alors que, ayant lâché prise moi-même et probablement débloqué des énergies, la directrice de l’école de mon choix, prise d’une envie d’ouvrir son karma, m’appelle la veille de la rentrée en m’annonçant qu’elle augmentait son effectif d’un enfant cette année, exceptionnellement, pour pouvoir accueillir ma si merveilleuse, intelligente et disciplinée de petite fille.

Je n’oublierais jamais ce moment : je n’avais plus aucun espoir, j’étais affaissée devant un hamburger douteux dans un fast-food d’origine américaine de Drogenbos pendant que mes filles, en toute innocence, sautaient en toute légèreté dans les rembourrages mousseux de l’espace de jeu.

J’ai cru non pas que le ciel me tombait sur la tête, mais que le ciel s’ouvrait, ou mieux, j’ai visualisé Moïse ouvrant la mer en deux vers la terre promise de l’enseignement de qualité.

Moralité : oui y’a un gros problème d’école, oui, à l’impossible nul n’est tenu.

Mais alors, si tu n’as pas ma ténacité et surtout, ma conviction inébranlable que chacun de nos enfants mérite la meilleure éducation possible, que les bases d’une société qui tient la route passe par une éducation solide, comment tu fais?

Lâche pas l’affaire je te dis.

Rappelle-toi juste que la force d’une femme n’est pas dans ce qu’elle dit, mais le nombre de fois qu’elle le dit.

Accroche-toi, ça en vaut la peine. 3 ans plus tard, à chaque rentrée, j’ai toujours la même satisfaction à remettre mes filles dans cette école qui contribue, à sa manière, à préparer un avenir malin à mes tigresses.

 

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