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Est-il possible de réussir ses audiences sans qu’on parle de vous? Décryptage.

Y’a pas que l’audience dans la vie, la preuve ?

Et bien oui, on peut faire de l’audience et être totalement inconnu du public, ou en tous les cas absents des sujets de discussion. Vous allez me dire, Salma, y’a pas que les réseaux sociaux dans la vie, et là, moi je vais vous dire, vous avez raison, parce que personne n’en parle tout court. Mais le paradoxe, certaines  que ces émissions sont pourtant beaucoup regardées, voire explosent des records d’audimat. Reste à savoir alors pourquoi on en parle pas?

Peut-on dire que si on ne parle pas de vous, c’est que n’existez pas?

C’est un peu raide, c’est surtout qu’on ne vous assume pas. Je m’explique par l’exemple : voici 5 émissions que vous connaissez probablement, mais dont personne ne parle : 28 minutes, Motus, C dans l’air, météo à la carte, les grands reportages de TF1,… ces programmes ont une image qui ne colle pas à leurs audiences ni à priori à leurs publics.

 

Qu’est ce qu’on leur reproche, à ces programmes?

28 minutes sur Arte, ce serait trop intello. à se demander si c’est l’image d’Arte ou l’émission en tant que telle, parce que pourtant, cette émission chatouille l’audience de TPAMP de Cyril Hannouna. Autant d’intellos que de friands de culture contemporaire humoristique et clasheuse? pourtant, on parle plus de Touche Pas à Mon Poste que de 28 minutes.

Même combat pour C’est dans l’air, sur France 5, on en dit que c’est trop pointu. En général, eux, ils traitent l’info mais pas tout de suite parce qu’en plus, leur tranche horaire (17h50, le dimanche ) n’aide pas leur cas. Le temps que l’info retombe, on prend les bons experts qu’on laisse parler pendant plus de 3 minutes sans les interrompre par une punchline, du recul, du fond. Résultat, par exemple, après les élections américaines, carton plein.

Un souci d’image avec la chaîne qui les diffuse?

Sans doute, dans un sens comme dans un autre. C dans l’air et 28 minutes sont des contenus qui visent à simplifier tout en creusant un sujet. Simple n’est pas superficiel. Il s’agit de vulgariser, comme avait l’air de le faire Calvi au tout début de C dans l’air. Pourtant les chaînes qui les diffusent ont une réputation d’intello, service public vous me direz, oblige.

Ce qui peut expliquer aussi, pourquoi, les grands reportages sur TF1 suscitent aussi peu d’intérêt alors qu’ils font de très bonnes audiences. Ils ont un air de “Chasse pêche et nature” qu’on attend justement pas sur TF1, sans doute. Vous passeriez le même contenu sur France 3 le vendredi soir après le journal à la place d’Ushuaïa, ou le samedi soir comme insomnie, ça aurait sans doute ça place. Mais là, ça passe à 13h. c’est vu, c’est un rendez-vous, mais on en parle pas.

C’est curieux ce décalage ! Qu’est ce qui fait parler les gens finalement?

J’ai envie de dire oui, mais pas tellement. Nous pourrions être tentés de dire qu’il suffit d’être clasheur pour créer la discussion, voire un peu vulgaire. Ce serait parler facile en disant que certains ingrédients de bas instincts attirent les foules et créent l’agitation. Comme un clash Hanouna et un de ces chroniqueurs, comme le Allo quoi de secret story, toussa. C’est vrai que faire France Tourisme sur un air de discussion quand on a rien à dire “c’est fou, ce temps”, ça n’a pas de quoi agiter vos instincts les plus fous. Mais de nouveau, c’est tout vu 🙂

Alors qu’à l’inverse, vous pouvez parler d’un contenu sans l’avoir vu. Qui a vraiment vu tous les clash d’Hannouna, sur Secret Story, toutes les casting de la Nouvelle Star? mais ça, c’est un autre sujet.

Donc le « pas intelligent » fait parler, le plus intelligent, moins?

Ce serait trop facile de dire oui.

Mais non. Quelques éléments peuvent déterminer le succès d’un programme :

La semaine dernière est passé sur France 2 un documentaire sur Poutine. Le documentaire a ameuté les foules pourtant, pas folichon le sujet. Je me suis amusée à décortiquer le pourquoi.

  1. de l’actu et de l’actu brûlante. c’était bien tombé, puisqu’on venait d’accuser Poutine d’avoir truqué/piraté les éléctions américaines (rien que ça)
  2. le teasing sur les réseaux sociaux : un extrait a été diffusé sur internet où l’on voyait un entretien Sarkozy/Poutine qui avait jadis laissé le public perplexe et que le docu promettait d’expliquer

Encore ces réseaux sociaux …

Et bien si, ils remplacent et/ou complètent la réputation et la discussion des diners en ville. et surtout, c’est mesurable. Je vous épargne les chiffres que je n’ai pas et que vous n’avez pas, mais ce docu pourtant a été maintes fois commenté. Ce qui nous ramène à une question de communication et d’image, toujours;

tout est une question de marketing ?

Je dirais plutôt, de cohérence. Car le marketing, c’est ça : la réponse au marché par une offre. Si vous proposez un docu sur une chaîne thématique dont personne ne parle, personne n’en parle. Si vous créez de la polémique sur un petit sujet, on en parlera, mais de façon éphèmère : il faudra alors faire comme avec le sucre et les pics d’insuline : reprendre du sucre jusqu’à la prochaine baisse, etc etc. pas terrible pour votre santé intellectuelle. En revanche, vous pouvez compenser avec des glucides lents qui durent plus longtemps, mais qui apportent ce petit coup de peps dont on a tous besoin. Puis, il y’a les programmes qui vivent très bien leur vie sans forcément déchaîner les passions mais qui interviennent sur plan rationnel sans toucher à l’émotionnel : ils apportent du contenu, et du bon contenu.

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